Et si la gauche était partie unie ?

Comme chacun sait, la gauche se présente divisée lors de ces élections européennes, avec six listes, malgré des programmes proches les uns des autres. Petit tour d’horizon des perspectives de chacune d’entre elles, et des conséquences si la gauche avait réussi à s’unir.

Les listes qui vont très probablement décrocher des sièges

Pour avoir des représentants au Parlement Européen, une liste doit atteindre au moins 5% des voix. Pour La France Insoumise (LFI) et Europe Écologie Les Verts (EELV), c’est assez facile. Les dernières moyennes les concernant les mettent respectivement à 8.4% et 8.0%, leur octroyant au moins 8 sièges chacune.

Le cas du Parti Socialiste (PS)

Le PS a cela de particulier qu’il a passé la majorité de la campagne à osciller autour de 5% des suffrages. Et même si une dynamique positive semblait avoir lieu dans les tous derniers jours de campagnes, rien n’est joué pour un parti qui avait obtenu 14% des voix en 2014.

Les autres listes

Lutte Ouvrière (LO) peine à atteindre 1% des voix dans les sondages, Génération.s n’a jamais était sondé à plus de 4%, et est tombé à une moyenne de 2.3%. Quant au Parti Communiste (PCF), même sa bonne fin de campagne (3.1%) ne parait pas suffisante pour obtenir des sièges.

Une gauche unie ?

Une fois que nous savons cela, une question se pose : que se serait-il passé si la gauche était partie unie. Si tous les partis de gauche avaient accepté l’union et avaient présenté une seule liste.

Tout d’abord, il faut voir deux hypothèses, selon que le PS obtienne ou non des sièges. Ensuite, il est utile de faire des comparaisons avec les autres blocs. Ici, nous en aurons quatre.

  • Les libéraux, c’est à dire les listes La République En Marche (LREM) et celle de l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI);
  • La droite, c’est à dire Les Républicains (LR);
  • Les Nationaux-Conservateurs, c’est à dire le Rassemblement National (RN), Debout La France (DLF), et Les Patriotes (LP);
  • Et enfin donc, la gauche.

Si le PS obtient des sièges

Le graphique ci-dessous montre en bleu les intention de votes pour chacun des blocs, en rouge les sièges que le bloc remporterait si chaque bloc ne présentait qu’une seule liste, et en vert, les sièges que chaque bloc ferait selon les sondages actuels.

Comparaison des blocs avec des députés PS

Et ce que l’on voit c’est que, comme toujours, l’union fait la force. Les blocs partant divisés perdent beaucoup de sièges potentiels, à cause de votes qui se perdent dans des listes qui n’auront pas de députés européens. Ainsi, les libéraux récupèrent 2 sièges de plus que ce qu’ils pouvaient espérer, là où la gauche en perd deux. Et pourtant, cela pourrait être bien pire.

Si le PS échoue en-dessous de 5%

Comparaison des blocs sans députés PS

Sans députés PS, la gauche s’effondre à 17 députés, contre 23 en 2014, six de moins que ce qu’elle obtiendrait si elle était partie unie. Et ça ne serait pas dû qu’à un revers électoral, la gauche étant à 28% des intentions de vote, contre 33.61% en 2014 pour les partis que nous étudions ici. Non, comme le premier graphique le montrait, avec le PS, la gauche monte à 21 sièges, ce qui limite la chute.

La vraie cause de cet échec de la gauche est sa désunion et l’éparpillement des voix qui en résulte. De plus, trois listes, Génération.s, le PCF, et le PS, enregistrent de relatifs bons scores, et pourraient pourtant n’avoir aucun députés, gaspillant ainsi beaucoup de votes potentiels.

Les grands gagnants ?

Les deux blocs partis unis. En effet, pour la droite et les libéraux, il n’y a que trois listes, et la seule « petite » liste, l’UDI n’atteindra probablement pas 2% des voix, loin de son score de 2014, soit 7 sièges, alors qu’elle était alliée avec l’UMP de l’époque. Ainsi, il n’y aura pas d’éparpillement des voix de la droite et des libéraux.

Ainsi, les libéraux peuvent remporter 4 sièges de plus qu’escompté si tous les blocs partaient unis, alors que LR pourrait en récupérer 13, contre 11 si l’union avait prévalue.

Quant aux nationaux-conservateurs, la force relative de DLF (3.7%), et plus modestement des Patriotes (1.6%) ne permet pas à ce bloc de profiter de la désunion de la gauche en grappillant un ou deux sièges supplémentaires, mais il n’en perd pas non plus, n’ayant pas pléthore de listes concurrentes.

La morale de l’histoire ?

Lors d’élections se jouant à la proportionnelle intégrale à un seul tour, avec un seuil assez haut (ici 5%), la désunion et la multiplication des listes fait la forces des adversaires unis. Et l’on peut s’interroger sur l’intérêt du vote pour une « petite » liste qui n’aura, selon toute vraisemblance, pas de sièges au Parlement Européen.

Il faut également noter que, si la gauche avait su s’unir, mais que les autres blocs avaient échoué à le faire, elle aurait pu remporter l’élection.

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